Une étude internationale révèle que les océans absorbent 25% plus de CO2 qu'estimé précédemment, mais cette capacité accrue accélère dangereusement l'acidification des eaux marines et menace les écosystèmes côtiers.
Une absorption sous-estimée
Les mesures réalisées par le Scripps Institution of Oceanography grâce à un réseau de bouées automatisées et de capteurs sous-marins révèlent que les océans absorbent environ 3,1 milliards de tonnes de CO2 par an, soit 25% de plus que les estimations précédentes.
Cette découverte modifie significativement notre compréhension du cycle du carbone global et des interactions entre l'atmosphère et les océans.
Le processus d'absorption océanique
L'absorption du CO2 par les océans se fait principalement par deux mécanismes : la pompe physique (dissolution directe du gaz dans l'eau froide) et la pompe biologique (absorption par le phytoplancton lors de la photosynthèse).
Les chercheurs ont découvert que la pompe biologique est 30% plus efficace que prévu, notamment grâce à des espèces de phytoplancton capables de fixer le carbone à des profondeurs plus importantes.
"Si cette absorption accrue peut sembler une bonne nouvelle pour le climat, elle masque une catastrophe écologique en cours. L'acidification qui en résulte menace de détruire des écosystèmes marins entiers d'ici la fin du siècle." — Dr. Marine Leclerc, océanographe au CNRS
Les conséquences de l'acidification
L'absorption massive de CO2 entraîne une acidification rapide des océans. Le pH moyen des eaux de surface a déjà diminué de 0,1 unité depuis l'ère préindustrielle, ce qui représente une augmentation de 30% de l'acidité.
Cette acidification menace directement les organismes à coquille calcaire : coraux, mollusques, certains planctons. Les récifs coralliens pourraient disparaître à 70% d'ici 2050 si la tendance actuelle se poursuit.
À retenir
L'océan absorbe 25% plus de CO2 que prévu, mais l'acidification résultante menace de détruire 70% des récifs coralliens d'ici 2050.
Conclusion
Cette étude souligne l'urgence de réduire nos émissions de CO2. Les océans ne peuvent pas indéfiniment absorber nos excès sans en subir les conséquences dévastatrices. La protection des écosystèmes marins passe nécessairement par une action climatique ambitieuse.